LE CADRE DE VIE › Histoire et Patrimoine
Cabanac & Villagrains...aujourd'hui
La caserne de pompiers
La caserne de pompiers
La mairie
La mairie
Le foyer de Cabanac
Le foyer de Cabanac
Le Cercle
Le Cercle
L'église de Cabanac
L'église de Cabanac
Les jeux d'enfants à Villagrains
Les jeux d'enfants à Villagrains
La Bibliothèque
La Bibliothèque
Le City Stade à Cabanac
Le City Stade à Cabanac
Le City Stade à Villagrains
Le City Stade à Villagrains
L'école élémentaire
L'école élémentaire
L'école maternelle
L'école maternelle
L'église de Villagrains
L'église de Villagrains
Le lavoir à Cabanac
Le lavoir à Cabanac
Le renforcement des berges du Gat Mort
Le renforcement des berges du Gat Mort
L'ancienne prison de Villagrains
L'ancienne prison de Villagrains
Le puits du Bourg de Villagrains
Le puits du Bourg de Villagrains
L'ancienne prison de Cabanac
L'ancienne prison de Cabanac
Aire de jeu de Cabanac
Aire de jeu de Cabanac
Cabanac et Villagrains en quelques mots
Situé à 30kms au sud de Bordeaux, Cabanac et Villagrains s’étend sur une superficie de 6899 ha à la limite des Graves et des landes girondines, sur la rivière du Gât-Mort...
Cabanac et Villagrains en quelques mots
La commune qui connaît depuis quelques années une forte expansion démographique, pas moins de 2350 habitants en 2016 contre 1437 en 1999, a pour caractéristique d’être formée de deux villages CABANAC et VILLAGRAINS, distants de 6 kms.

Bien qu’il n’y ait qu’une mairie et plus qu’un seul groupe scolaire, tout est en double dans la commune : deux lavoirs, deux prisons, deux salles des fêtes et deux églises : Saint Martin de Cabanac qui est une église romane dans sa partie arrière et qui contient un remarquable chemin de croix et de magnifiques vitraux et Saint Jean de Villagrains.

Grâce à son ruisseau, le GAT-MORT, et à la clémence de son climat, la région a sans doute été habitée par l’homme dès la préhistoire. Des traces de présence humaine ont été relevées sur un site de CABANAC. En effet, au lieu dit Les PUJEAUX ou LES MOTTES, on trouve un amoncellement de terre et de pierres qu’il est assez difficile de dater (époque néolithique ou gallo-romaine).

Au XI siècle, CABANAC est aux mains de la Seigneurie de CABANAC, puis des Ségur-Cabanac, qui comptent parmi leurs descendants la très célèbre comtesse de Ségur. En 1549, le Seigneur de ST MAGNE vend ses terres de VILLAGRAINS au Comte de Ségur seigneur de CABANAC. Le centre de VILLAGRAINS à cette époque se trouvait au vieux bourg, le village s’était construit autour de la source aujourd’hui captée. Il y avait alors plusieurs maisons, une église et un cimetière.

Aujourd’hui il ne reste plus que des vestiges de ce village, seule reste une maison partiellement détruite. L’église a été démantelée, les maisons éboulées et le cimetière a disparu sous la végétation.

La création du réseau routier au 19ème siècle est entre autre à l’origine de la disparition du vieux bourg au profit du Haut-Villagrains (c’est à dire le village actuel). Le tracé des nouvelles routes ne passait pas par le vieux bourg de sorte que les habitants sont venus s’établir au Haut-Villagrains.

En 1879, l'église qui avait été abandonnée fut reconstruite au bourg actuel de VILLAGRAINS. Seule une cloche datée de 1544 subsiste encore.

Depuis la révolution, CABANAC et VILLAGRAINS forment une même commune : CABANAC & VILLAGRAINS. Etymologiquement, CABANAC est issu de l'ancien gallo-romain Cabaniacus ; VILLAGRAINS fait vraisemblablement référence à un ancien lieu de foire aux grains.
     
Les habitants s’appellent : les Cabanacais et Cabanacaises, les Villagrainais et Villagrainaises.
Cette commune forestière, dont les deux principales ressources économiques actuelles sont l’industrie du bois et l’extraction gravière, est dotée d'un Centre de Secours qui est composé de pompiers professionnels et volontaires.

Cabanac & Villagrains...hier
Le phare aérien de Cabanac
En 1938, un phare aérien d’une portée de 50 kilomètres, s’élevait à 10 mètres au-dessus du sol tout près de Cabanac...
Le phare aérien de Cabanac
Le phare aérien conservé de Montferrand (Aude) à 38 km dans le sud-est de Toulouse, sans doute identique à celui de Cabanac.
Par François BALARD - Ancien « aiguilleur du ciel »

C’était un pylône en béton surmonté d’une plateforme sur laquelle était installé le système optique. Un garde-fou grillagé entourait le tout. Une échelle permettait d’accéder à cette plateforme pour les réparations d’usage. Cette échelle était en partie tronquée pour éviter que des curieux ne s’aventurent au sommet de la tour et se mettent en danger.

De nuit, le phare émettait régulièrement 1 éclat rouge et 3 éclats blancs suivis d’allumages rythmés de lumière blanche, signalant la lettre morse «X».Un habitant de la commune était habilité à allumer ce phare, à la demande des pilotes, relayée téléphoniquement par le commandant de l’aérodrome de Biarritz qui en avait la responsabilité.

Mais à quoi donc servait ce phare, ici à Cabanac ? Et où était-il situé ?

A la fin des années trente, l’aviation est en plein essor et des compagnies se créent pour transporter le courrier de jour, mais aussi de nuit. Nous nous souvenons de la plus illustre, l’Aéropostale de Mermoz et Saint-Exupéry. Mais il y avait aussi «Air Bleu» qui volait sur le territoire métropolitain et, peu avant la deuxième guerre mondiale, le réseau était bien tissé. C’est le prolongement de la route aérienne Le Bourget - Bordeaux vers Pau, avec escale à Mont-de-Marsan, qui a nécessité l’implantation de ce phare.

Car à l’époque, si les moyens de navigation sans visibilité commençaient à se généraliser, ils étaient fragiles et manquaient parfois de fiabilité. Par sécurité, la navigation de nuit se faisait également en se repérant à vue, mais par beau temps…en suivant des routes aériennes balisées de temps à autre par un phare. Oui, un peu comme pour les bateaux ! Et le phare de Cabanac jalonnait cette route aérienne vers Mont-de-Marsan, à la sortie de la zone de Bordeaux, pour éviter aussi les 8 immenses antennes de radio, hautes comme la Tour Eiffel, qui se situaient à Croix d’Hins, près de Marcheprime.

A 2,5 km du centre de Cabanac, sur la route de Villagrains, au lieu-dit Cantegrit, il y a un petit chemin qui part vers la gauche et au bord de ce chemin on voit aujourd’hui un pylône métallique supportant des antennes de téléphonie mobile. Le phare aérien était à peine plus loin, le long de ce chemin, dans une gravière qui n’existe plus. Le phare ne fonctionnait plus depuis longtemps, sans doute depuis la guerre, et il a été démonté à l’automne 1989 pour laisser passer une ligne électrique aérienne, maintenant enterrée.

Faisant des recherches sur les phares aériens, je sollicite votre mémoire, vos témoignages, vos photos peut-être, pour compléter ma documentation sur le phare aérien de Cabanac, qui jalonnait la route prestigieuse du courrier de nuit.

C’était il y a déjà plus de 70 ans !

François BALARD
fmjbld@hotmail.com

Les Mottes (site des Casterasses)
Le site des Casterasses, aussi connu comme les Mottes, est fortement marqué dans le paysage par les reliefs significatifs de deux buttes, d’une plate-forme et de fossés périphériques...
Les Mottes (site des Casterasses)

Plan théorique d'une motte castrale du XIe siècle



Reconstitution d’un donjon à motte à St Sylvain d'Anjou



Dessin d’après Léo Drouyn




Orthophotographie



Extrait de la tapisserie de Bayeux

C’est une configuration totalement inusuelle et d’une très bonne lisibilité, ce qui lui a valu d’être anciennement remarquée, par Léo Drouyn en particulier [1] ; le tracé des deux buttes est porté sur le cadastre par des tirets.

Dans le nom de Casterasses, on reconnaît aisément le mot latin castera, pluriel de castrum, château, souvent utilisé au Moyen Age pour désigner des sites de la première période féodale, des mottes justement dites castrales[2]. Le suffixe –asse, comme dans cuir-asse, n’a pas toujours la valeur péjorative qu’il a fréquemment aujourd’hui ; il a peut-être ici valeur d’augmentatif.

Le positionnement du site, qui est le point culminant du secteur, n’est sans doute pas innocent : il se trouve entre la rivière le Gat-Mort [3]et le chemin qui la double en rive gauche, probablement de tracé médiéval, l’ensemble formant un axe de pénétration entre la Garonne (Castres, Beautiran) et Hostens. Il est en position de contrôle. De même il domine et protège l’église placée moins de 500 mètres en amont.

L’organisation du site est plus complexe que d’ordinaire ; en fait on n’a aucun parallèle dans la région. Une première motte, particulièrement haute avec 10 mètres d’élévation pour 13 m de diamètre au plateau et 30 m à la base, aujourd’hui en majeure partie boisée, est entourée d’un fossé annulaire large de 12 à 15 m[4]. Ce fossé se confond partiellement avec celui, un peu plus étroit, qui entoure un enclos presque carré, d’une trentaine de mètres de côté ; une levée de terre double intérieurement ce deuxième fossé [5]. Cet ensemble se laisserait volontiers interpréter comme une motte castrale, plus précisément un donjon à motte, et sa basse-cour.

Exceptionnelle est l’existence d’une seconde motte, jouxtant cet ensemble à l’ouest. Elle est nettement plus basse que la première, 4 m seulement, plus large aussi, 20 m de diamètre au plateau et 30 m à la base ; le fossé annulaire, large de 12 à 15 m, qui l’enveloppe touche celui de la basse-cour vers le milieu du côté sud-ouest, sans le recouper. Elle paraît en situation de défense avancée, ce qui n’a pas de signification reconnue dans le contexte des mottes castrales.

Les deux premières structures, telles qu’elles apparaissent, s’entremêlent en un ensemble cohérent ; celle-ci en revanche est bien distincte et pourrait ne pas être synchrone. Seules d’éventuelles données matérielles issues de fouilles pourraient éclairer cette anomalie.

Pour être complet sur le sujet, on doit rappeler qu’a existé au lieu-dit Gassies, 800 m en aval, une autre motte, connue sous le nom de Castera, plus large et plus élevée que les Casterasses[6], elle semble aujourd’hui disparue. Il est parfaitement plausible qu’elle appartienne au même système défensif que les Casterasses, mais elle peut éventuellement en être indépendante.

Par ailleurs, le site possède aussi un ingrédient folklorique de quelque intérêt : dans le fossé de la seconde motte, tout à l’ouest de l’ensemble, en direction de l’église et du village, se trouve une Fontaine des Fées, toponyme fréquent et parlant à l’imaginaire collectif. Ces personnages légendaires viendraient nuitamment laver leur linge dans l’eau de cette fontaine ; elles ne doivent pas être dérangées dans cette activité.

Au-delà de son caractère folklorique, cette fontaine contribue peut-être à caractériser la seconde motte, mais n’autorise pas d’hypothèse.

Les archives fournissent des informations, ponctuelles mais de grand intérêt, sur les seigneurs du lieu. La famille de Cabanac est une des plus importantes de l’aristocratie régionale du XIe siècle. Ce sont des barons proches des ducs d’Aquitaine. Ainsi :
  • Géraud de Cabanac tient un fief du duc Guillaume VIII à Bordeaux en 1075 [7] ;
  • le même Géraud et son fils Arsie sont parmi les nobles qui accompagnent les ducs Guillaume VIII [8]et Guillaume IX [9] ;
  • tous deux sont aussi des donateurs de La Sauve [10], où Arsie devient moine ;
  • un autre fils de Géraud, Arnaud Géraud de Cabanac, lui aussi moine de l’abbaye de La Sauve, devient archevêque de Bordeaux (1103-1130) ;
  • on a encore mention de deux autres frères : Arrufat, Forto [11] ;
  • un miles [12]Raimond et son frère le domicellus [13]P. (Pierre) sont encore mentionnés après 1227 [14] ;
  • en 1274, figurent parmi les vassaux du roi-duc Edouard Ier, déclarant des biens de lui : Arnaud dominus de Cabanac, Arnaud et Pierre miles et domicellus, Jordan domicelllus [15].
Cependant, aucun texte ne porte sur des biens à Cabanac, mais tous ceux qui sont connus portent sur des possessions à Bordeaux, en Entre-deux-Mers ou à Rions.
 
Ce n’est qu’en 1277 qu’un lien solide est enfin établi entre la famille et la paroisse : Arnaud de Cabanac, miles, plausiblement le même que le dominus de 1274, tient de l’archevêque de Bordeaux des terres et un manoir (manerium) à Cabanac [16]. Arnaud accompagna le roi Richard Cœur de Lion à la croisade, on ne sait s’il en revint [17].

En 1330, Pierre de Gabarret reçoit confirmation du roi-duc pour les droits de haute et basse justice dans la paroisse de Cabanac. Dès 1292, soit au lendemain de la troisième croisade, un seigneur du même nom, le même ou son père, y possédait des hommes questaux, des serfs[18].
 
La notion de manerium exprimée clairement en 1277 repose la question de l’interprétation du site. Il n’est nullement exclu que la complexité anormale des structures provienne de la transformation d’une motte en manoir. Seule une recherche approfondie éclairera la question : il est, d’une part, indispensable de préciser la géométrie des structures et de cartographier les microreliefs ; on peut, d’autre part, espérer des informations du diagnostic archéologique qui a été prescrit[19].

Au total ce site est archéologiquement et historiquement extrêmement significatif, porteur de problématiques originales touchant au cœur de l’actualité scientifique. De plus, il n’a pas été altéré par des aménagements récents.

Par la seule vertu de ses reliefs bien lisibles dans le paysage, mais aussi par sa signification, par son importance et sa complexité, par la richesse des problématiques qu’il supporte, le site des Casterasses paraît fondateur de l’identité de Cabanac, en tout cas porteur d’une image de marque claire et originale. Pas seulement d’un point de vue topographique, c’est le cœur du bourg.
[1]La Guyenne militaire. Bordeaux, 1865, t. 1, p. XLV et s. ; « Ricochets archéologiques dans le département de la Gironde, esquisses de monuments », Bulletin monumental de la Société française d'Archéologie, 1858, p. 480 et s. Mais aussi l’abbé Baurein (Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux, 1785. Réédition : Bordeaux, Féret, 1876. T. 3, p. 108-111), ou Edouard Guillon (Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, Bordeaux 1866, t. 4, p. 295-297).

[2]Non loin, Castres sur la Garonne a la même étymologie.

[3]Les Casterasses se trouvent sensiblement au milieu du cours de cet affluent de la Garonne (37 km) qui était partiellement navigable et remonté par les marées

[4]Les dimensions indiquées – on doit reconnaître que, d’un auteur à l’autre, de nombreuses incertitudes apparaissent – sont celles données soit par Drouyn, soit par Pierre Mesnard, Les résidences aristocratiques dans l’archiprêtré de Cernès (1050-1550), TER sous la direction de Géarad Louise, université Bordeaux III, 1998, t. 3, p. 163 et suivantes. Voir aussi P. Menil, Mottes et enceintes de terre dans les Landes et les Graves du Bordelais, TER sous la direction de Jean-Bernard Marquette, université Bordeaux III, 1983, p. 64 et s.

[5]Cette levée de terre est encore légèrement sensible ; Drouyn insiste sur son existence ; Mesnard ne la mentionne pas.

[6]Drouyn, Baurein, Mesnard, déjà cités.

[7]Le grand cartulaire de La Sauve-Majeure, édit. Arlette Higounet-Nadal, Bordeaux, 1996, n°402.

[8]Guillaume VIII (1027-1086), comte de Poitiers de 1058 à 1086 et duc d'Aquitaine de 1058 à 1086, mène en 1063 la croisade de Barbastro.

[9]Guillaume IX (1071-1126), comte de Poitiers et duc d’Aquitaine après son père de 1086 à 1126, surnommé le Troubadour, participe à la première croisade.

[10]Cart. La Sauve n°6 ; n°8 ; n°213 ; n°472.

[11]Ibid. n° 213.

[12]Chevalier.

[13]Diminutif de dominus : damoiseau.

[14]Cart. La Sauve n° 1216.

[15]Recognitiones feodorum, nos 186, 587, 618.

[16]Livre des Bouillons, Bordeaux, 1867, p. 430.

[17]Guillon.

[18]Rôles gascons, Ch. Bémont et F. Michel édit., Paris, 1888-1906,t.3,n°2122.

[19]Arrêté préfectoral SD.11.152 du 7 novembre 2011.

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